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Vendredi, octobre 17, 2014

Entretien avec Ingrid Peyvel, psychologue au CEF Comteville

Nous avons rencontré Ingrid Peyvel qui exerce son métier de psychologue auprès des jeunes placés au Centre Éducatif Fermé Comteville.

Présentez-vous.

Je suis Ingrid Peyvel, psychologue clinicienne, spécialisée en Psycho-Criminologie et Victimologie. J’ai obtenu une Licence de Psychologie à l’Université François Rabelais à Tours en 2009 puis, un Master II de Psychologie Clinique à l’Université Rennes II en Septembre 2013.

Ainsi, mon parcours universitaire a été enrichi par des stages d’observation dans diverses structures, telles que les urgences psychiatriques avec les patients en situation de crise, à l’Unité de Psychologie Médicale auprès de patients souffrant de troubles névrotiques (exemple : boulimie, anorexie et dépression) à Morancez ou encore au CALME accueillant des personnes souffrant de mal-être éthylique.

En outre, j’ai effectué des stages de professionnalisation au sein de diverses associations, telles que l’ONG Mat’s auprès des enfants orphelins au Togo, l’ONG WAO Afrique auprès des enfants et adolescentes victimes de trafic, ainsi qu’au CEF de Comteville où j’exerce aujourd’hui.

Quel est le rôle du psychologue en Centre Éducatif Fermé ?

Le rôle d’une psychologue en CEF s’inscrit dans une bienveillance constante pour créer un cadre sécurisé et sécurisant, une présence régulière et dynamique pour nouer un lien de confiance, au soutien quotidien pour apaiser les jeunes placés et aux questionnements que l’on peut faire naître chez eux pour une prise de conscience de leur histoire.

De plus, la psychologue se doit de travailler avec l’équipe éducative, créer une communication adaptée et efficace pour tous qui permet une cohérence et une confiance dans un cadre sécurisant pour les jeunes, ainsi qu’un impact aussi bien psychologique qu’éducatif dans leur évolution.

Comment concevez-vous votre travail ?

Je conçois mon travail sous trois axes de réflexion et d’action :

1. Assurer la prise en charge des jeunes placés et les accompagner au quotidien (phases de crises ou phases d’apaisement: de l’admission à la sortie). L’objectif du suivi est de faire naître une énigme, une question chez le jeune sur son histoire, l’aider à exprimer, comprendre ses émotions et ses difficultés, l’amener à mobiliser ses ressources, lui permettre une meilleure communication avec les acteurs familiaux et une insertion la plus solide possible. En outre, i lest nécessaire de mettre des suivis extérieurs en place pendant ou après le placement dans une logique de soin défini et adapté aux jeunes.

2. Développer le lien avec l’équipe éducative : La prise en charge des jeunes n’est efficace que si une cohesión existe entre tous les membres de l’équipe. Les échanges formels (lors des synthèses, des préparations, des visites médiatisées), ainsi que les échanges informels nourrissent les pratiques de tous les acteurs institutionnels et assurent une prise en charge adaptée. En outre, ces échanges font naître une remise en question de nos pratiques en vue de leur amélioration.

3. Pérenniser les partenariats avec des structures extérieurs telles que le CICAT (Centre de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie), les services psychiatriques pour permettre de possibles formations de notre équipe et créer des espaces d’échange.

Comment se déroule l’accompagnement psychologique avec les jeunes ?

L’accompagnement psychologique des jeunes se déroule dans un cadre spatio-temporel spécifique : un entretien par semaine (voir deux si besoin) au centre. Les jeunes peuvent venir dans mon bureau quand ils en ressentent le besoin, avec l’accord des éducateurs. De plus, je prends du temps pour les voir dans les différents ateliers, pour développer le lien psychologique hors du bureau.

En outre, l’accompagnement psychologique réside dans la construction d’un lien de confiance dans lequel le jeune peut créer et investir un espace de parole, de questionnements, de transferts et de prises de conscience.